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Dimanche 30 mars 2008

Un homme est apparu qui venait de nulle part
Il avait pour chacun la même attention douce
Sans chercher à convaincre brisant tous les remparts
En faisant simplement pousser des fleurs dans sa bouche
 

L’homme appelé Bouddha fut autrefois un prince
Son père était un roi qui destinait son fils
A gouverner le monde vivre dans l’abondance
Loin de toutes misères dans un monde trop lisse


Il s’échappa un jour pour vivre enfin sa vie
Au plus près des humains et de toutes leurs souffrances
Ce qu’il vit ce jour-là bouleversa toutes ses pluies
L’éloignant à jamais de sa plus tendre enfance


En prenant dans son cœur l’agonie d’un lépreux
Ses plus grandes souffrances et la faim de ses yeux
Il a fait de cet homme un humain reconnu
Permettant à son âme d’illuminer les nues


Je ne suis qu’un poète qui rêve d’absolu
Dans un monde trop terne à l’ivresse matérielle
Mais parce que je sais bien qu’en chaque individu
Vibre le chœur des anges au rythme de leurs ailes


Je garde toujours espoir en mes frères humains
Je les sais tellement beaux tellement lumineux
Puissions-nous ne jamais oublier que nos mains
Ont le pouvoir de colorer les pluies de nos yeux...


 

Prenez tendrement soin de vous...

Par eric
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Dimanche 30 mars 2008

Comment est-ce possible ?

Quand j'étais un chiot,  je vous ai amusés avec mes cabrioles et vous ai fait rire.

Vous m'avez appelé votre enfant, et en dépit de plusieurs chaussures mâchées et quelques oreillers assassinés,  je suis devenu votre meilleur ami.

Toutes les fois que j'étais méchant tu agitais ton doigt vers moi et me demandais "Comment peux-tu?" mais après on s'amusait ensemble.

Mon éducation a pris un peu plus longtemps que prévu, parce que vous étiez terriblement occupés, mais nous y avons travaillé ensemble.

Je me souviens de ces nuits où je fouinais dans le lit et écoutais tes confidences et rêves secrets, et je croyais que la vie ne pourrait pas être plus parfaite.

Nous sommes allés pour de longues promenades et courses dans le parc, promenades de voiture, arrêts pour de la crème glacée (j'ai seulement eu le cornet parce que « la glace est mauvaise pour les chiens »  comme tu disais), et je faisais de longues siestes au soleil en attendant que tu rentres à la maison.

Progressivement, tu as commencé à passer plus de temps au travail et tu t'es concentré sur ta carrière, et plus de temps à chercher un compagnon humain.

Je t'ai attendu patiemment, t'ai consolé après chaque déchirement de cœur et déceptions, ne t'ai jamais réprimandé au sujet de mauvaises décisions, et me suis ébattu avec joie lors de tes retours au foyer, et puis tu es tombé amoureux.

Elle, maintenant ta femme, n'est pas une « personne chien » mais je l'ai accueillie dans notre maison, essayé de lui montrer de l'affection, et lui ai obéi. J'étais heureux parce que tu étais heureux.

Ensuite les bébés humains sont arrivés et j'ai partagé votre excitation.

J'étais fasciné par leur couleur rose, leur odeur, et je voulais les pouponner aussi.

Seulement vous vous êtes inquiétés que je puisse les blesser, et j'ai passé la plupart de mon temps banni dans une autre pièce, ou dans une niche.

Oh, comme je voulais les aimer, mais je suis devenu un "prisonnier de l'amour".

Quand ils ont commencé à grandir, je suis devenu leur ami.

Ils se sont accrochés à ma fourrure et se sont levés sur leurs jambes branlantes, ont poussé leurs doigts dans mes yeux, fouillé mes oreilles, et m'ont donné des baisers sur le nez. J'aimais tout d'eux et leurs caresses  parce que les tiennes étaient maintenant si peu fréquentes et je les aurais défendus avec ma vie si besoin était.

J'allais dans leurs lits et écoutais leurs soucis et rêves secrets, et ensemble nous attendions le son de ta voiture dans l'allée.

Il y eut un temps, quand les autres te demandaient si tu avais un chien et qu'ils te demandaient une photo de moi tu en avais une à leur montrer dans ton portefeuille et tu leur racontais des histoires à mon propos.

Ces dernières années tu répondais "juste oui " et changeais de sujet.

Je suis passé du statut de " ton chien " à " seulement un chien, " et vous vous êtes offensés de chaque dépense pour moi.

Maintenant, vous avez une nouvelle occasion de carrière dans une autre ville, et vous allez déménager dans un appartement qui n'autorise pas d'animaux familiers.

Tu as fait le bon choix pour ta " famille ", mais il y eut un temps où j'étais ta seule la famille.

J'étais excité par la promenade en voiture jusqu'à ce que nous arrivions au refuge pour animaux.

Cela sentait les chiens et chats, la peur, le désespoir.

Tu as rempli la paperasserie et tu as dit " je sais que vous trouverez une bonne maison pour lui ". Ils ont haussé les épaules et vous ont jeté un regard attristé. Ils comprennent la réalité qui fait face à un chien entre deux âges, même un avec " des papiers ".

Tu as dû forcer les doigts de ton fils pour les détacher de mon col et il criait " Non, Papa! S'il vous plaît ne les laissez pas prendre mon chien!"

Et je me suis inquiété pour lui, quelles leçons lui avez-vous apprises à l'instant, au sujet de l'amitié et la loyauté, au sujet de l'amour et de la responsabilité, et au sujet du respect pour toute vie.

Tu m'as donné un « au revoir caresse » sur la tête, tu as évité mes yeux, et tu as refusé de prendre mon collier avec vous.

Après votre départ, les deux gentilles dames ont dit que vous saviez probablement au sujet de votre départ il y a de cela plusieurs mois et rien fait pour me trouver une autre bonne maison. Elles ont secoué leurs têtes et ont dit :

" Comment est-ce possible?"

Ils sont aussi attentifs à nous ici dans le refuge que leurs programmes chargés ne le leur permettent.

Ils nous nourrissent, bien sûr, mais j'ai perdu l'appétit il y a plusieurs jours.

Au début, chaque fois que quelqu'un passait près de ma cage, je me dépêchais en espérant que c'était toi, que tu avais changé d'avis, que c'était juste un mauvais rêve ou j'espérais tout au moins que ça soit quelqu'un qui se soucie de moi et qui pourrait me sauver.

Quand je me suis rendu compte que je ne pourrais pas rivaliser avec les autres chiots qui folâtraient pour attirer l'attention, je me suis retiré dans un coin de la cage et ai attendu.

J'ai entendu ses pas quand elle s'approchait de moi en fin de journée, et je piétinais le long de l'allée jusqu'à une pièce séparée.

Une pièce heureusement tranquille.

Elle m'a placé sur la table et a frotté mes oreilles, et m'a dit de ne pas m’inquiéter.

Mon cœur battait d'anticipation à ce qui était à venir, mais il y avait aussi un sentiment de soulagement.

Le « prisonnier de l'amour » avait survécu à travers les jours.

Comme c'est dans ma nature, je me suis plus inquiété d'elle.

Le fardeau qu'elle porte pèse lourdement sur elle, et je le sais, de la même manière que je connais votre humeur chaque jour.

Elle a placé une chaîne doucement autour de ma patte de devant et une larme a roulé sur sa joue.

J'ai léché sa main de la même façon que je te consolais il y a tant d'années.

Elle a glissé l'aiguille hypodermique habilement dans ma veine.

Quand j'ai senti le dard et les liquides se répandre à travers mon corps, je me suis assoupi, l'ai examinée de mes gentils yeux et ai murmuré : " Comment as-tu pu? "

Peut-être parce qu'elle comprenait mon langage, elle a dit : " je suis si désolée".

Elle m'a étreint, et m'a expliqué précipitamment que c'était son travail de s'assurer que j'aille à une meilleure place où je ne serais pas ignoré ou abusé ou abandonné, ou aurais à pourvoir moi-même à mes besoins, une place remplie d'amour et de lumière très différente de cet endroit.

Et avec mes dernières énergies, j'ai essayé de me transporter jusqu'à elle  et lui expliquer avec un coup sourd de ma queue que mon " Comment as-tu pu? " n'était pas dirigé contre elle.

C'était à toi, mon maître bien-aimé, que je pensais.

Je penserai à toi et t'attendrai à jamais.

Puisse tout le monde dans ta vie continuer à te montrer autant de loyauté.

 Texte © copyright Jim Willis 2001, tous droits réservés

 Note de l'auteur:

Si " Comment est-ce possible? " a mis des larmes dans vos yeux en le lisant comme cela me l'a fait alors que je l'écrivais, c'est parce que c'est l'histoire de millions d'animaux familiers qui meurent chaque année dans des chenils américains et canadiens.

Tout le monde est bienvenu à distribuer cet essai dans un but non commercial, aussi longtemps qu'il est distribué correctement avec l'avis du copyright.

S'il vous plaît utilisez-le pour aider à l'éducation, sur vos web sites, dans des bulletins d'informations, dans les refuges pour animaux et tableaux d'affichage du bureau du vétérinaire.

Dites au public que la décision d'ajouter un animal familier à la famille est une importante décision pour la vie, que les animaux méritent notre amour et soins, et que la recherche d'une autre maison appropriée pour votre animal est votre responsabilité et que toute vie est précieuse.

S'il vous plaît faites votre part pour arrêter le meurtre d'animaux et encouragez les campagnes pour prévenir que des animaux soient non désirés.

Merci.


 

Je remercie Anne-Lise de m'avoir fait découvrir ce texte magnifique...

Par eric
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Vendredi 21 mars 2008

Depuis que je suis né je cherche la lumière
C’est mon premier travail mon seul et unique
Sans jamais me lasser je parcours l’univers
Pour trouver le soleil pas devenir cynique

Depuis que je suis mort j’ai peur de revenir
Dans une vie sans vie juste passée à vieillir
Pensées envahissantes et frissons dans le dos
Plus jamais de cette vie métro boulot dodo

Depuis que j’ai posé une bougie dans mon cœur
Je ressens chaque jour beaucoup plus de douceur
J’ai plus peur de la nuit plus peur des ténèbres
Je laisse même mon âme respirer à l’air libre

Depuis que je regarde la vie avec amour
Le soleil se lève à la fin de chaque jour
Et mes nuits sont peuplées des plus beaux arcs-en-ciel
Qui se puissent trouver dans chaque battement d’aile

Je ne sais pas ce que je fais là mais j’y vis
Et je peux décider si je meurs ou je ris
Car l’important n’est pas du tout ce que l’on vit
Mais bien plutôt notre faculté d’allumer des bougies 

Je ne sais pas bien ce que je fais là ce soir
A coucher les mots que me dicte la nuit
Ne suis-je qu’un messager d’une voix trop lointaine
Ou suis-je encore un homme qui se noie dans sa peine 

Je ne sais pas bien ce que j’écris là ce soir
Des mots que je borde tendrement telle une mère
Je leur raconte à voix douce mes rêves d’espoir
Qui disent tous combien je vous aime sœurs et frères…

Prenez tendrement soin de vous... 
Par eric
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Mardi 18 mars 2008
je me promenais sur les berges de ma mémoire
quand au détour d'un souvenir une femme nue
allongée sur le sol d'une terre sans histoire
m'a fait signe de la main pleine d'une grâce inconnue

je n'ai pas résisté l'appel était trop beau
je me suis approché doucement à pas de doux
pour ne pas l'effrayer je n'ai pas dit un mot
je me suis contenté d'une caresse sur ses joues

j'ai regardé son corps sublime dans la lumière
j'ai senti le désir envahir mon ventre
mes mains glissaient toujours se souvenant d'hier
quand soudain j'ai frôlé la porte de son antre

ma mémoire s'est alors refermée à nouveau
la femme a disparu me laissant les mains nues
à tâtons j'ai cherché les clés dans quelques mots
qui dansent dans ma tête depuis que je suis venu

dans ce corps incarné je cherche d'autres chemins
que ceux qu'on m'a montrés depuis ma petite enfance
c'est pourquoi je m'échappe vers des ailleurs lointains
pour ne plus voir d'ici que les plus belles transes

j'écris pour ne pas mourir de mes désillusions
pour inventer des mondes remplis de confusion
pour faire de chaque lecteur une nouvelle maison
pour offrir à mon âme un peu de déraison...

N'oubliez pas de prendre tendrement soin de vous...
Tendresse
Par eric
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Samedi 15 mars 2008
Dans mes livres d'histoire, ça s'est passé en juin 1944...
Dans ma vie, ça se passera un jour ou l'autre... à moins que ça ne se soit déjà passé...


je me suis avancé sans rien dire sur la plage

je ne savais pas ce que je faisais là
le vent hurlait sur mon visage
mais je ne reconnaissais pas sa voix

je suis resté longtemps debout face à la mer
la gorge si serrée que je manquais d'air
pourtant j'avais envie de hurler à mon tour
de joindre ma voix à ce mauvais jour

je suis resté longtemps face à la mer
quand soudain je les ai vus là dans le brouillard
des centaines de navires cherchant la terre
et tous ces yeux qui déjà jouaient avec la mort à colin-maillard

j'ai entendu des voix gueuler GO ! GO !
j'ai alors vu ces gamins ces mômes de là-bas
surgir comme de beaux diables la peur au ventre
et tomber comme ces soirs où tous seuls on rentre

 j’ai vu le sable rougir de honte devant cette tuerie
et je l’ai entendu hurler sans jamais se consoler
d’avoir accueilli tous ces corps pour leur dernier sommeil
petites graines de lumière pour l’éternité

 j’ai vu les survivants devenir vieux pour toujours
en un instant sans jamais connaître l’amour
j’ai vu ces grands hommes prier leurs amis
couchés dans les larmes de toute cette folie

 alors je vous jure que j’ai tant et tant pleuré
que mes yeux ont perdu d’un coup toutes leurs couleurs
et c’est le cœur à genoux que je me suis avancé
ivre de mercis pour toutes mes libres heures...


n'oubliez pas de prendre tendrement soin de vous...
Par eric
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