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Samedi 18 octobre 2008

Je ne suis toujours pas mort... Je suis bel et bien vivant. Je vais comme je peux. Un peu comme tout le monde je crois.

J'ai passé mes vacances d'été tout seul. Je crois que je dois apprendre à aimer cette solitude. Je ressens que c'est probablement une des clés du bonheur. "Ce n'est pas l'amour qui brise la solitude, c'est la solitude qui rend possible l'amour..." J. Kelen. Je ne sais pas si j'ai déjà cité cette pensée mais ce n'est pas grave. Je la trouve tellement belle, tellement vrai. Alors, voilà, j'ai travaillé sur la croyance que pour être heureux, je devais être en amour avec quelqu'un... Je ne veux plus être prisonnier de cette idée. Alors, j'ai passé mes vacances à travailler sur l'abandon de cette croyance. Que je vous le dise tout de suite, je n'y suis pas complètement parvenu mais au moins, cela s'est beaucoup allégé. Et c'est déjà énorme...

Mainte nant que j'ai retrouvé une grande partie de mon énergie, j'ai décidé de consacrer presque tout mon temps à l'écriture. Je me suis donc inscrit à un atelier d'écriture. Tous les mardis soirs, direction ce lieu béni où les participants ne savent que deux choses de moi : 1 que je m'appelle Eric 2 que j'habite Les Herbiers. Et je trouve que c'est largement suffisant...

Je me sens bien dans cet atelier. J'y vais surtout pour entendre la musique des autres et partager la mienne. Je parle bien entendu de la musique des mots.

Je partage avec vous un poème issu directement d'un de ces soirs d'atelier. Je suis parti d'une phrase d'une auteure que j'ai découvert là-bas et qui s'appelle OLIVIA ROSENTHAL. Elle a une écriture extraordinaire. Entendez le mot "extraordinaire" dans son sens premier, c'est-à-dire hors de l'ordinaire. Bref, cette première phrase était : "Faut aller plus loin, là où les troupeaux paissent..." Ensuite, l'espace nous appartenait... Voici ce qui a coulé de mes doigts ce soir-là :

Faut aller plus loin, là où les troupeaux paissent
Où les femmes crient et les enfants naissent
Là où le silence offre ses plus belles éternités
Cailloux jetés dans l'eau trouble de nos mémoires éclatées

Faut aller plus loin, plus loin que nos armoires
Cerceuils alanguis de nos souvenirs sans fard
Tu sais quand on croit encore que seul le coeur
Peut nous arracher aux griffes des moqueurs

Faut aller plus loin que la vigne sans scrupules
Qui pendant que tristement j'encule
Celui que j'aurais aimé être peut-être
L'homme ou la femme à ta fenêtre

Continue de donner aux hommes devins
L'impulsion, la certitude absolue de chaque lendemain
Tandis que l'enfant écrasé par tout cet absolu
Se noie dans le jeu d'un ego révolu

Faut aller plus loin, là où les hommes meurent
Abandonnent sans joie sans tristesse non plus
Les morceaux du caillou qu'ils ont pris pour leur coeur
En les jetant dans le rouge des femmes à demi-nues

Faut aller plus près, au plus près de nos larmes
S'y reposer doucement et leur trouver du charme

Faut aller plus près, au plus près de nous-mêmes
Et se jeter dans l'infini de chaque je t'aime...
Par eric
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