souvenirs
Je me souviens d’une chanson de mon enfance qui parlait de collines et d’une Coraline. Je me souviens de choses plus lointaines aussi mais au fond quelle importance tout cela.
J’ai regardé la mer caresser la lune
Allongé à moitié nu sur le couchant d’une dune
Je me souviens de ces milliers de grains de sable
Courant sur moi insectes si longtemps détestables
J’ai encore l’odeur de ta peau jasmin et orgie
Qui rendait si longues les journées de mes nuits
Et le long et lancinant rythme de ton cœur
Quand couché sur ton sein je rêvais au bonheur
Ma main se souvient encore du lissé de tes cuisses
Alpiniste éperdue cherchant la meilleure glisse
Mais là où je te trouvais la plus belle mon amour
C’était quand tu dormais abandonnée le long du jour
Ta confiance en la vie faisait alors plaisir à voir
Même si tes cris parfois rappelaient ton histoire
Tu es partie par un petit matin d’été
Vers la vie sans chagrin dont tu avais tant rêvé
Je suis resté seul ici me demandant chaque jour
Comment te rejoindre au plus vite mon amour
« Si tu observes attentivement une fleur
m’as-tu dit un soir de bonheur,
Tu me verras dans chaque pétale
En train de tenir mon journal
J’y parle d’une attente éternelle
Là, cachée quelque part dans ton ciel
Mais prends ton temps mon amour
Ici je n’ai que quelques jours
Je ne suis encore qu’une enfant
Qui se contente de l’indicible présent
Si tu veux voyager sur mes voies inhumaines
Il te faudra apprendre à diminuer tes peines
Ici on ne vit pas quand on est aussi triste
Que toi et tes chagrins égoïstes
Mais prends ton temps ma lumière
Il est si petit cet univers
Il te suffit de rester immobile
Dans un éclat de rire fragile
Pour permettre à ton cœur
De croiser à nouveau mes bonheurs
Allez mon amour cesse de pleurer
Tes larmes d’écume et de rage
Et sèche ton visage
Tu sais bien que quand la mer se retire
C’est toujours pour mieux revenir »
Une brise légère s’est levée
Pour me dire que je n’avais pas rêvé
Mais le vent raconte tellement d’histoires
Il a le don de mélanger les mémoires
Mon amour est parti mais c’est moi qui suis absent
Caché derrière mes mots aux accents indécents
Je suis là je me plains de ce vide infini
Que j’ai créé quand elle est partie
Je suis descendu dans le jardin un soir
Ecouter une fleur me conter cette histoire
Car malgré tout la vie continue
Même si elle vous laisse à moitié nu…